LA LOFI HIP HOP : MEDECINE ALTERNATIVE

Attention, il n’est pas question ici de critiquer des genres musicaux mais d’en analyser une partie afin de comprendre ce qu’ils essaient de nous transmettre et comment ils le font.

Pour se motiver, se reposer ou même plus fondamentalement danser, il existe au moins autant de genres musicaux que de manière de les écouter. En effet, on assigne curieusement à la musique un ou plusieurs rôle(s) qui définisse(nt) la manière de l’apprécier. On tente de superposer le moment avec la track idéale, comme la B.O. d’un film où nous sommes le personnage principal. Car oui, comme beaucoup je le sais, je me suis moi aussi pris au jeu à m’imaginer en plein cœur d’un plan séquence, les yeux balayant l’horizon, accompagné de la mélodie adéquate s’échappant de l’enceinte BOSE dans le sac à dos.

 

C’est prouvé, la musique agit sur nous comme un stimulant ou un apaisant. Comme un gros shoot addictif de sérotonine et de dopamine. Comme une solution chimique de créativité ou de motivation, injectée à haute dose dans notre organisme. Alors si certaines musiques nous font bouger les miches et sauter sur place, qu’en est-il de celles qui, a contrario, nous offrent un climat paisible où concentration et détente sont maîtres-mots.

L’exemple de la lofi hip hop :

Difficile de passer à côté du phénomène YouTube et Reddit des « lofi hip hop radio ». Un engouement récent a immiscé le genre dans bon nombre d’oreilles et a permis l’émergence d’une montagne d’artistes plus talentueux les uns que les autres. Ainsi, un public de plus en plus large s’est formé avec, pour chacun, son ressenti émotionnel et physique avec la musique.

A la base, la low-fidelity (abrégé lo-fi ou lofi) est un sous-genre du rock. Comme son nom l’indique, elle se caractérise par un enregistrement « sale » (volontaire ou non) d’une musique, « où les sons sont compressés et granuleux, rappelant une vieille cassette ou un vinyle qui aurait besoin de coups de plumeau » selon Urbania. Elle s’oppose donc à la hi-fi (high-fidelity) qui ai pourtant préconiser lors d’une production musicale. Cependant, plus récemment, c’est le rap qui s’est approprier ce sous-genre (que l’on renomme alors lofi hip hop). Sa paternité est assez floue mais on peut citer cet exemple fondamental qu’est la B.O. du regretté Nujabes pour l’excellent animé japonais Samurai Champloo datant déjà d’une dizaine d’année.

 

Illustration de Samurai Champloo

Dans sa musique, le principe de sons désuets est toujours présent au travers de solo de jazz poussiéreux et de grésillements de vinyles, mais s’ajoute à ca la technique du sample, repris directement des prémices mêmes de la musique hip hop. L’univers traditionnel du japon médiéval côtoie alors parfaitement une musique moderne au beat rythmé et pourtant anachronique.

Bref, tous les dignes descendants de Nujabes suivront alors ces enseignements et, sur une base de sons parasites mais pourtant indispensable, reprendront des samples de jazz, de blues, de hip hop ou même de mélodies pianotés plus légères, empruntées aux plus grands classiques de l’animation japonaise ; surement une sorte d’hommage à l’un des pères fondateurs du mouvement. Au fur et à mesure, la lofi se veut de plus en plus aérienne, calme et parfois romantique ; jusqu’à atteindre aujourd’hui un résultat d’une rare douceur, nous emportant dans une bulle apaisante et intime où il fait bon de s’abandonner aux bras d’une track captivante et envoutante.


Drake qui écoute de la Lofi

Ainsi, lorsque l’on demande alors aux auditeurs « pourquoi vous écoutez ce genre de musiques ? », on distingue trois principales réponses.

D’abord, il y a ceux qui bossent et qui sont en recherche de concentration. La lofi fait déstresser et permet de relâcher la pression. C’est l’équivalent du stylo qu’on fait machinalement tournoyer autour de son pouce ou du gémissement frénétique de son genou sous la table. Pour certains, ca permet en effet de réduire son anxiété, favoriser l’attention et donc fournir un travail de meilleur qualité. Que du positif finalement.

Ensuite, il y a ceux qui, dans un état second apporté par une consommation… disons… « stupéfiante », trouvent en la lofi une source de création mentale et de bien-être. Une sorte de catharsis qui permet d’ouvrir ses chakras et libérerson esprit. La musique accompagne le « trip » et permet une expérience unique de détente ou de contemplation.

Enfin, il y a ceux qui profite simplement de la musique pour se reposer ou se relaxer. Allongé sur le canapé avant une sieste ou dans les transports en rentrant d’une dure journée de travail, la lofi apaise. Comme une baignade fraiche sous le lourd soleil d’été, ou comme l’odeur d’un bon chocolat chaud en plein hiver. Elle réconforte, et murmure à l’oreille de l’auditeur : « avoue, on n’est pas bien là ? ».

Tout comme le plus efficace des traitements médicamenteux, la lofi hip hop soigne et agit sur notre bien-être. Pas étonnant de la retrouver en si grande quantité dans toutes les playlists « Relax », « Work », ou « Study » des plateformes de streaming musicaux. On avale de la lofi comme un comprimé d’antidépresseur. Venu des quatre coins du monde, les beatmakers concocte toutes sortes de pilules efficaces et addictives pour notre plus grand plaisir. Du japon avec Nujabes, des Etats-Unis avec SwuM ou Jinsang, de Finland avec Tomppabeats ou même de France (cocorico) avec Pandrezz ou Kazam, la recette reste la même mais les effets qui s’en dégage sont différents.

Genre universel, la lofi hip hop s’adapte à chacun. Elle réduit le stress, relaxe, favorise la concentration et allège l’esprit. Disponible sans ordonnance, elle est sans danger, et il est conseiller de la consommer sans modération.

Je vous laisse avec une playlist lofi hip hop disponible sur Soundcloud :

Ex Machina – Lofi Hip Hop | Playlist SoundCloud

By Ō Kuma ©RougeVis

Sources :

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