FIDEM: SPIRITUALITE SONORE

L’interview d’aujourd’hui est assez singulière. On reçoit un artiste qui débute un nouveau projet musical tout en gérant d’un label que l’on connait bien: BassCreatures! François AKA Fidem se livre pour nous dans une interview!

Fidem pour ROUGE•VIS

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Il n’est pas seulement artiste, il gère aussi le label et collectif BassCreatures qui est un partenaire privilégié de Rouge Vis! Alors, sans plus attendre venez découvrir son univers atypique.

D’où vient le nom Fidem?

J’avais vraiment besoin de trouver un univers pour transmettre ma musique. Je voulais vraiment que les gens s’identifient à un nom. Le nom vient du latin Fide qui veut dire la foi, l’authenticité ou la confiance. Pour moi ces trois points sont super important dans la musique et dans la vie de tous les jours! Je trouvais ça percutant! Le côté latin fait aussi souvent allusion à la religion catholique. Aoir des éléments religieux dans ma musique est quelque chose qui me suit depuis très longtemps parce qu’avant Fidem je travaillais déjà avec ce genre d’éléments via un autre projet. C’est aussi très spécial parce que la musique est pour moi un moyen de faire passer un message à ma famille. Je fais partie d’une famille catholique et j’ai affirmé mon athéisme par mes divers projets musicaux. C’était assez dur de leur montrer mon désaccord mais la musique était le moyen que j’avais choisi. Fidem est né avec ça aussi. Depuis que j’ai commencé ce projet, on me laisse un peu plus tranquille là dessus dans ma famille.

Que faisais-tu avant?

J’ai commencé la musique il y a 5 ou 6 ans en piquant le pc portable de mon père. J’avais 16 ans et je ne possédais pas encore mon propre pc. J’avais vu une démo sur FL Studio qui m’avait vraiment donné envie d’en découvrir plus. Je faisais déjà de la musique, je viens d’une famille qui “baigne” dans la musique, ma mère fait du piano tout comme ma sœur et mon frère jouait de la guitare. C’était naturel. J’ai commencé à faire des musiques très simples sous un alias qui est vite parti. J’ai vraiment commencé à produire sous le nom de Slimton il y a 4 ans et j’ai posté mes premières musiques avec BassCreatures. C’est avec Slimton que j’ai rencontré Zack, le créateur de BassCreatures. Je faisais du mid tempo, style techno sombre en étant inspiré par Rezz que j’admire beaucoup. C’est parti de là. Mais au bout d’un moment j’avais l’impression de tourner en rond, de ne pas me faire plaisir, c’était un peu le bordel. Je faisais des remix hyper classiques voir hyper bâteau. Je voulais avoir un projet bien présenté et propre. J’ai donc commencé Fidem.

https://soundcloud.com/basscreaturesrecords/slimton-valaam-original-mix

Est-ce que Slimton t’a aidé pour te lancer dans ce nouveau projet?

Avec cette période Slimton, j’ai rencontré beaucoup beaucoup d’artistes! Que ça soit WhiteMonster, que ce soit Kaon, Tessitures Records, les gars de BassCreatures qui est maintenant un collectif que je gère, la liste est longue! J’ai beaucoup discuté avec plein de personnes différentes, on s’est vraiment entraidé et je pense que c’est grâce à ça que j’ai pu me lancer vers Fidem. Je pense notamment à trois personnes, Zack, le fondateur de BassCreatures, Kaon et WhiteMonster qui sont vraiment les trois personnes qui m’ont poussé vers le haut pour sortir Fidem. Ils m’ont aussi donné des conseils entre autre sur la production.

Explique nous l’univers de Fidem! Pourquoi l’espéranto?

Je suis devenu très proche du fondateur de BassCreatures, Zack. A côté de la gestion du label, il s’occupait de tout ce qui était graphique. Quand je lui ai dit que j’allais arrêter Slimton et que je voulais créer quelque chose de nouveau, de plus propre, qui me correspondait vraiment, il m’a proposé de faire ma charte graphique. Sauf qu’entre temps il a eu quelques soucis, et par manque de temps ça ne s’est pas fait. C’était un gros problème parce que je n’ai aucune connaissance sur les logiciels style adobe pour faire des artworks etc… du coup j’ai fait simple. J’utilise simplement de images libres de droit que je modifie un peu. C’est sobre et ça colle bien avec l’esprit de Fidem. Pour ce qui est des noms des tracks, ils sont en espéranto. Pourquoi l’espéranto? Pour ceux qui ne le savent pas c’est un projet européen d’un langage qui se veut universel. En plus de ce côté accessible à tous, l’espéranto a des sonorités latines. Ce n’est pas très connu ce qui rajoute pas mal de mystère autour des sons que je sors. J’ai officiellement dévoilé le projet Fidem le 28 octobre pour mes 22 ans.

Comment s’est passé la production de ton premier morceau sorti sous le nom Fidem, Subtera?

Il y a eu 6 versions du morceau avant d’arriver à la version finale. Le but était de faire une musique qui pouvait marquer les esprits avec un côté un peu unique. J’avais envie de faire quelque chose qui soit à la fois mélodique et sombre mais toujours en gardant ce côté monastique. Le son s’appelle Subtera parce qu’il marque ma renaissance, le fait que “je ressorte de terre”. Je n’avais rien sorti depuis 1 an et demi. Avec ce morceau je suis revenu sur SoundCloud. Dans la description de mes morceaux je rajoute une phrase en espéranto. Pour Subtera, VI ESTAS CI TIE CAR VOLAS GIN SED HOMARO MORTAS KAJ FINIGAS SUBTERA qui veut dire “Tu es ici parce que tu le veux, mais l’humanité meurt et finira sous terre”. Je veux que ces phrases soit un fil conducteur. Les 3 premières tracks marquent les 3 styles qui seront présent au sein de Fidem. La track a mis 7 mois a sortir parce que c’est un peu la musique qui ma permis de réaliser ce basculement d’un projet à l’autre. J’ai fait beaucoup de recherche, j’utilise maintenant de nouveaux plug-in, je me suis entrainé avec Massive ou Serum alors qu’avant j’utilisais des VST comme Harmor. Je n’utilise plus aucun sample mis à part les drums. Je fais mes propre FX. C’était vraiment un travail de recherche pendant 7 mois.

Parlons maintenant de BassCreatures, Quel est ton rôle dans cette aventure?

Actuellement je ne m’occupe pas de ça tout seul. BassCreatures est assez complex. Je gère et représente ce label mais en étant aidé par plusieurs personnes comme Kaon et WhiteMonster. Au sein du label je gère principalement la promotion. Avant on travaillait avec des partenaires qui utilisaient des chaînes de repost. Mais cette année on a décidé d’arrêter de travailler avec eux car on trouve que ces méthodes tuent le feed SoundCloud en saturant les utilisateurs de nouveaux morceaux pas forcément qualitatifs. C’est grâce à ce feed que j’ai découvert BassCreatures par exemple. Maintenant avec l’arrivé des chaînes de repost c’est plus compliqué de trouver des perles rares. Pour revenir au label, aujourd’hui on contacte directement des comptes soundcloud qui proposent des repost gratuits ou payants et ainsi augmente la visibilité de nos tracks. Mais on manque de visibilité même en ayant une communauté qui gravite autour. Je gère aussi le serveur Discord qui a été refait récemment dans notre objectif de refonte. Pour les submissions, je suis aidé par Kaon pour bien définir les morceaux que l’on accepte ou pas. On gère aussi tous les deux le planning des releases. A côté de ça, Vektam s’occupe des artworks pour les artistes. Je suis aussi aidé par WhiteMonster qui depuis récemment s’occupe avec moi du Discord.

Comment en es-tu arrivé à gérer BassCreatures?

Quand j’étais avec mon projet Slimton, je cherchais un label vers qui me tourner. En me baladant sur le feed SoundCloud justement, je suis tombé sur une musique qui avait été posté par BassCreatures Record. Je voulais me lancer pleinement dans Slimton, alors j’ai décidé d’envoyer un message directement au label, qui était canadien à l’époque. C’est parti de ça. Le gars qui gérait BassCreatures était très étonné parce qu’il avait créé ce record juste pour poster sa musique et aider deux trois producteurs rien de plus. Du coup vu qu’il gérait ça tout seul je lui ai proposé de lui donner un coup de main. C’était il y a deux ans. Au début on était que deux. Je faisais parti des premiers français à sortir un son sur ce label. Il y avait pas mal d’artistes de Montreal, de Toronto etc.. C’est à cette époque là que j’ai contacté WhiteMonster Kaon et la majorité des artistes présents sur le label aujourd’hui. On a commencé à un peu plus se rassembler en France et un peu moins à Montreal. A l’époque je ne m’occupais que de contacter des artistes. Pour les 1 an du label, on a organisé une soirée à Montreal. Sur un coup de tête je suis parti là bas pendant 10 jours et j’ai mixé pour la première fois lors d’un événement qui pour moi avait du sens! Je vivais un rêve. Malheureusement tous les bons moments ont une fin.. On s’est surement un peu trop emballé après le premier événement parce qu’il avait incroyablement bien marché: on avait fait sold-out. En faisant d’autres événements on s’est éloigné de ce qu’était BassCreatures au début. On faisait beaucoup de releases, on voulait montrer qu’on était présent, mais on s’est éloigné de l’entraide, ce qui faisait l’essence même du label. Après, Zack a eu des problème de personnels tout en étant un peu désabusé en voyant ce que devenait ce qu’il avait créé. Par conséquent, il est parti. Je ne voulais pas que son départ entraîne la chute du label, alors j’ai pris les choses en main. Aujourd’hui BassCreatures est sur le point de redevenir ce qu’il était: un collectif.

Avec Zack on se parle encore, à peu près deux trois fois par mois et ma seule hâte c’est d’aller le revoir!

Comment s’est passé ton set en première partie de Black Tiger Sex Machine à Rennes?

Alors moi même, je n’en reviens pas! En fait, au fur à mesure que je produisais de la musique j’ai rencontré pas mal de gens IRL (in real life) surtout. J’ai donc rencontré un gars qui s’appelait Ivan et  qui faisait des soirées sur Rennes. Je suis beaucoup allé à ces soirées bass music et j’y ai aussi rencontré pas mal de gens. On commençait à s’éloigner un peu et à devenir plus distants. Et puis, le 1er janvier 2019, je reçois un message de ce gars qui me dit “Tu ne voudrais pas faire la première partie de Black Tiger Sex Machine le 17 janvier?”. Quand j’ai lu ce message je n’en revenais pas, je me suis dit que je rêvais, que ce n’était pas possible. Déjà quand BTSM avaient annoncé qu’ils viendraient en France pour leur Ceremony Tour, j’étais dans les premiers à avoir acheté ma place! Je suis un grand fan! Ce sont des modèles pour moi. Ivan, qui m’avait proposé de venir jouer à cette soirée faisait partie de l’organisation de cet événement. Il m’a dit qu’il pouvait me faire jouer mais que ce n’était à lui que revenait la décision finale. J’ai ensuite reçu la réponse définitive: j’avais été choisi!

Pour re-situer un peu, je connais BTSM depuis 5 ans, depuis leur son Resurecta. Quand j’ai reçu la nouvelle je ne pouvais plus tenir en place! En plus de ça on m’a dit qu’on allait manger avec eux! J’ai donc eu cette immense chance d’être avec eux pour un repas et ensuite en backstage. J’ai pu voir tout ce qui se cache derrière l’organisation de leur show, c’était incroyable. J’ai même pu discuter avec eux pendant un moment. J’ai mis beaucoup de temps à revenir sur Terre! La sensation d’un moment que je ne pensais jamais vivre!

Fidem et Black Tiger Sex Machine

Dans le public ce soir là il y avait une personne qui faisait partie de l’organisation d’un carnaval qui m’a contacté récemment. J’irai donc mixer à Quessoy, pour le Carnaval de Quessoy le 21 avril prochain!

Enfin comment vois-tu l’avenir? Que souhaites-tu pour ce projet?

Pour l’avenir, je souhaite que ce projet devienne mon travail. Pas forcément pour gagner bien ma vie mais pour me faire plaisir. Mon rêve c’est de savoir ce que c’est d’être producteur et de pouvoir avoir des dates un peu partout. Je rêve de me réveiller le matin, de travailler sur mon logiciel de production ou de partir sur une date de prévue. Je voudrais qu’un jour mon quotidien ce soit ça.

A court terme, je vais continuer à produire de nouveaux sons sans trop m’éloigner des styles dont j’ai l’habitude et surtout me faire plaisir à l’image de ma dernière track Lumeno! Avec Fidem il faudra toujours s’attendre à ce côté mystérieux et à tout cet univers! Évidemment que la musique va évoluer, surtout sur le mastering!

C’est ici que se termine cette longue et très enrichissante interview! Merci à Fidem pour le temps qu’il nous aura consacré et on espère revoir vite un artiste BassCreatures sur Rouge Vis! En attendant aller le suivre sur ses réseaux sociaux:

Maksance ©RougeVis